Des moutonsssss….

Si, durant ces derniers jours, vous n’avez pas vu ou entendu au moins un article ou une émission sur la rentrée des bambins, c’est que vous êtes dans une grotte ;-).

Je ne peux m’empêcher de mon côté de lire, d’écouter, de commenter, de râler au fur et à mesure de tout ce que je vois passer.
Il y a des mots qui me confirment que les choses changent et puis parfois la réalité de tous les jours reprend sa place et je suis profondément triste…triste comme une petite fille qui aimerait bien apprendre, comprendre, s’épanouir mais qui n’y parvient pas…

Evidemment l’enseignement évolue. Evidemment beaucoup de professeurs, d’instituteurs, ouvrent leurs enseignements, leurs pédagogies (le pluriel est fait exprès) à trouver des méthodes qui ne mettent plus les enfants dans des peurs qui n’ont pas lieu d’être. Bien entendu beaucoup ont compris que chaque enfant fonctionne différemment….mais….et je sais combien il est difficile d’enseigner, je sais combien la tâche est parfois ingrate et nous pousse dans nos retranchements…mais si on parle encore de la « rigidité » des enseignants, ça m’arrache le coeur…
Ca m’arrache le coeur pour les enfants qui perdent totalement confiance en eux, ça m’arrache le coeur pour leurs parents qui se sentent démunis parce qu’ils ne savent plus comment les aider.

Apprendre, c’est sortir de sa zone de confort, apprendre c’est prendre le risque et accepter de se tromper et il faut beaucoup de courage pour faire ça ! (Combien d’adultes s’y risquent ?). Apprendre c’est parfois…souvent… déstabilisant…

On demande aux enfants d’aller à l’école, d’apprendre…mais apprendre pourquoi ? Pour en faire quoi ? On demande aux enfants de photographier des images dans leurs têtes…même à ce qui ne sont pas visuels et qui ne pourront pas photographier l’image puisqu’ils ne l’ont pas vue dans leur tête…
On demande aux enfants d’être globalement tous les mêmes et si par malheur ils ne comprennent pas, parfois même avant, on leur pointe ce qu’ils ne savent pas faire…leurs lacunes, leurs erreurs, leurs échecs. Chaque personne apprend différemment, chaque personne perçoit le monde à sa façon que ce soit un enfant ou un adulte.

Apprendre c’est se confronter à une nouvelle vision du monde, à un nouveau monde même qui s’ouvre petit à petit et comme tout ce qui est nouveau, il faut du temps…

Il faut du temps, de la patience et de la gentillesse. Parce personne n’apprend avec de l’agressivité, personne n’apprend en entendant « c’est nul », « tu n’y arrives pas », « tu n’y arriveras jamais ». Pour apprendre on a tous besoin de reconnaissance, on a besoin que notre progression soit prise en compte avec douceur, avec le sourire et le soutien qui nous donne la motivation nécessaire pour continuer et progresser à notre rythme.

Bien entendu les classes sont chargées, bien entendu les programmes sont lourds et les évaluations, l’administration,  pesantes mais qu’avez-vous fait de votre vocation d’enseignant ? Que faites-vous pour rassurer, accompagner, pour mettre en avant toutes les qualités de l’enfant avant de pointer ses erreurs ? Ces qualités qui lui permettront d’avoir confiance en lui, d’avancer, de progresser, d’apprendre dans une ambiance sereine et stimulante.

Je rêve d’un premier jour de classe qui commencerait par « Parlez moi de tout ce que vous savez faire ! ». Je rêve de classes où toutes les capacités de l’enfant seraient prises en compte parce que tout est transversal, tout peut être adapté au domaine de l’école.

Cette semaine une amie me posait cette question au sujet d’un article que j’ai partagé sur l’importance d’avoir un enseignant plus souple pour un apprentissage épanouissant : « Comment lâcher prise sur ce que tu ne maîtrises pas à l’usage des parents ». A toi et tous les parents, j’ai envie de répondre de ne jamais lâcher prise… Demandez à vos enfants comment ils se sentent lorsqu’ils reviennent de l’école. Ecoutez les, regardez les, discutez avec eux. Il est important aussi de leur expliquer qu’on ne peut pas toujours « aimer » le professeur mais que le professeur se doit d’être bienveillant.

Si ce n’est pas le cas guidez  vos enfants vers une démarche d’ouverture. Lors de mes accompagnements lorsque je suis confrontée à ce ressenti de la part des enfants je leur conseille toujours d’écrire une lettre au professeur ou pour les plus petits de faire un dessin. Un élément sur lequel ils expriment comment ils se sentent, ce qui leur fait défaut, ce dont ils auraient besoin pour apprendre mieux, ce qui les aiderait. Une lettre ou un dessin où ils expriment ce qui les bloque, ce qui leur fait peur puis d’écrire aussi tout ce qu’ils savent déjà faire de bien ! Chaque enfant à sa guise, pourra ou non le donner à l’enseignant et en discuter avec lui.

Le but n’est pas d’accuser qui que ce soit mais uniquement d’exprimer un ressenti.

J’ai bien conscience que ce n’est pas une recette miracle et que pour certain(e)s lire cette lettre ou regarder ce dessin sera aussi efficace qu’un cataplasme sur une jambe de bois mais l’essentiel est que votre enfant ait pu exprimer son ressenti en l’écrivant ou en le dessinant parce que c’est le début de la mise à distance et c’est déjà super.

Quant à vous Chers Parents, félicitez vous de faire tout ce que vous pouvez pour que votre bambin se sente bien, écrivez, dessinez si nécessaire, exprimez votre ressenti à votre enfant qui est tout à fait à même de l’entendre et de le comprendre. Accompagnez le, valorisez le, dites lui qu’un enfant comme lui il n’y en a qu’un au monde et que juste pour cette raison ça fait de lui quelqu’un d’extraordinaire 😉 !

Les années filent, les enfants grandissent, nous avons tous eu des enseignants qui nous donnaient mal au ventre et nous bloquaient tellement qu’il nous était impossible d’apprendre même la chose la plus simple.

Et puis il y a ceux qui nous ont appris…ceux qui resteront à jamais gravés dans nos têtes et dans nos coeurs parce qu’ils nous apprenaient des théories, des choses simples ou difficiles peu importe ils nous apprenaient à apprendre. Ils nous apprenaient qu’on ne peut pas toujours y arriver dès la première fois mais que le chemin est aussi important que le résultat.
Ils nous apprenaient que les moutonsssss prennent un « S » et que ce n’était pas si grave de nous le souffler puisque toute notre vie, comme une madeleine de Proust nous reverrions toujours ce moment où ils étaient en train, l’air de rien, d’ancrer dans notre tête et dans notre coeur quelque chose qui y resterait à jamais et c’est bien ça l’essentiel.

Alors à tous ces enseignants qui ont compris depuis aussi longtemps que l’enseignement existe qu’on apprend à la fois avec sa tête, son corps et son coeur… Merci.

A tous les Parents qui s’embarquent dans une nouvelle année…Bravo 😉
A tous les Enfants qui vont reprendre le chemin de l’école lundi…c’est génial ce que vous faites !

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